Je ne pouvais aller à Dublin sans voir le Trinity College. Bien sûr c'est le livre de Kells qui est partout dans les guides, sur les affiches...
""Et l'enluminure fut"
Il y a plus de mille ans, lors de l'élaboration du Livre de Kells, la population de l'Irlande, de moins d'un demi-million de gens, habitait des villages fortifiés le long des côtes ou des rivières.
L'organisation de l'église irlandaise était d'ordre monastique. Les moines se groupaient en communautés vouées à l'étude de la parole de Dieu, aux jeûnes et au travail manuel.
Le Livre de Kells contient une copie en latin, richement décorée, des quatre Évangiles. Longtemps associés avec Saint Collum Cille (c. 501 - 597 ap. J.-C.), lequel fonda vers 561 son principal monastère sur l'île d'Iona, à l'ouest de l'Écosse, le Livre de Kells fut sans doute rédigé au début du 9e siècle par les moines d'Iona, qui travaillaient soir sur place, soit à Kells, dans le comté de Meath en Irlande, où ils s'étaient repliés en 806 suite à une attaque des Vikings qui vit la mort de 68 moines. Pour des raisons de sécurités pendant les incursions de Cromwell, le Livre de Kells fut envoyé à Dublin vers 1653. Il revint définitivement à Trinity College grâce à Henry Jones, devenu évêque de Meath en 1661." (extrait du dépliant).
La première partie de la Old Library est consacrée à ce livre et à l'enluminure en général. On y parle aussi du livre de Durrow. Les explications sont vraiment très intéressantes sur le pourquoi, où, quand, qui, comment. De la préparation du parchemin à la reliure en passant par l'écriture et la couleur. Et puis on arrive dans une petite salle sombre où l'on peut voir (enfin) The Book. Il est exposé deux des quatre tomes, l'un ouvert sur une page d'illustration, l'autre sur une page d'écriture. Ses pages sont régulièrement changées, par souci de conservation. Sont aussi présentés deux autres livres parmi lesquels les livres de Durrow ou d'Armagh.
La seconde partie est la bibliothèque elle-même, à en faire rêver les bibliophiles. Sur une longueur de 65 mètres, elle contient quelques 200 000 volumes parmi les plus anciens conservés à Trinity College. Elle expose de nombreux documents de l'histoire de l'Irlande et de Dublin comme notamment un des rares exemplaires de la Proclamation de la République d'Irlande qui marqua le début du soulèvement de Pâques 1916 et la harpe de Brian Boru, la plus vieille harpe irlandaise, devenue symbole national (et de la Guiness).



The National Museum of Archeology and History.
J'avoue être entrée à reculons : un peu trop d'Ages des Métaux pour moi, je suis passée outre le Néolithique et ses morceaux de silex. Il faut cependant noter qu'il y avait là la plus grande collection d'objets en or d'Europe : de nombreux torques, bracelets, épingles et lunules (cf. ceux du MAN).
Une salle consacrée à Kingship et Sacrifice où l'on peut observer des corps conservés depuis des milliers d'années dans des tourbières et retrouvés quasi-intacts, ainsi qu'à mon plus grand plaisir, une réplique du chaudron de Gundestrup !
Tout bon musée d'archéologie se doit d'avoir son département égyptien, c'est bien sût le cas à Dublin. Elle est très petite (et assez décevante, quand on a parcouru le Louvre) : quelques oushepti, une momie, des amulettes... juste de quoi étaler ma science comme de la confiture. De même taille est la section romaine.
à ne pas manquer : The Treasury, les trésors du musée, notamment en orfèvrerie du Ir siècle av. au XIe ap. et même des vêtements du XVIe s. ! conservés dans une tourbière.
La National Gallery (nom très original) abrite surtout des œuvres de peintres britannique et irlandais notamment la famille Yeats. Mais aussi une grande collections des écoles italiennes : L'Arrestation du christ du Caravage, espagnoles (Velasquez), hollandaises (Vermeer) et françaises (Poussin et l'école de Barbizon notamment).


